Insertion par l’inclusion
L’intégration par l’apprentissage, l’insertion par l’inclusion
L’analbétisatisme et l’illettrisme touchent sévèrement les publics accompagnés par Keur Kamer, notamment les migrants africains. Nombreux sont ceux qui n’ont jamais été scolarisés dans leurs pays d’origine (en situation d’analphabétisme) ou très peu scolarisés (en situation d’illettrisme). Cette problématique constitue un véritable frein à leur intégration dans la société française et un réel handicap à leur insertion sociale et professionnelle. Keur Kamer met à la disposition des locataires des résidences sociales des ateliers dans lesquels ils apprennent à parler, comprendre, lire et écrire le français. La plupart de ces résidents sont employés dans le bâtiment, dans la restauration et dans le domaine de la propreté. Plusieurs savent juste écrire leurs données personnelles (demandées lors de la signature de contrat par exemple). Afin de permettre au plus grand nombre de pouvoir mieux s’intégrer et mieux s’insérer, l’ensemble des ateliers proposés par l’association sont dispensés à titre gratuit.
La majorité des locataires des résidences sociales vivent en France depuis plus de 10 ans en moyenne et certains même depuis 30 voire 50 ans pour les plus anciens. Ils vivent souvent en marge de la société française car ils ne connaissent ni sa culture, ni son histoire, ni ses traditions. Pour permettre de faciliter leur intégration, des éléments de la culture française sont introduits lors des ateliers d’alphabétisation. Les bénéficiaires peuvent intégrer des ateliers d’inclusion numérique mis en place pour favoriser davantage leur insertion sociale et professionnelle. En effet, dans un contexte de dématérialisation de l’ensemble des démarches administratives, sanitaires et d’insertion professionnelle en France, Keur Kamer fait de l’accès au numérique son cheval de bataille auprès des populations fragiles (personnes âgées, personnes isolées, en situation du handicap, migrants en situation de grande précarité, etc). Ces publics sont très souvent confrontés à de multiples exclusions et problématiques : le non-emploi ou encore des emplois sous-payés, les difficultés d’accès aux soins de santé, l’isolement, etc. Ces problématiques sont accentuées et amplifiées par les difficultés personnelles rencontrées au quotidien (l’illettrisme et l’analphabétisme, les ruptures familiales, les drames personnels, l’endettement, les ressources financières limitées …). Une situation qui isole dans un premier temps et qui cause une rupture sociale dans un second temps.
Dans ce cadre là, Keur Kamer participe activement à la Rentrée partagée, un événement annuel organisé par 8 associations du 13eme arrondissement au sein de la Maison de la Vie Associative et Citoyenne (MVAC). Cet événement vise à évaluer le niveau de français des habitants du 13e arrondissement – ou des personnes qui y sont hébergées, qui y travaillent, ou qui y sont accompagnées dans leur parcours d’insertion – afin de les orienter vers des cours adaptés à leurs besoins.
C’est une occasion pour l’association d’aller à la rencontre de nouveaux apprenants, de mieux faire connaître ses actions, et de proposer une orientation concrète vers ses ateliers. Ce dispositif favorise ainsi un meilleur ciblage des bénéficiaires, en fonction de leur niveau, de leurs objectifs et de leur disponibilité. Les formations proposées, assurées par les structures partenaires, couvrent des niveaux allant de “grands débutants” à “avancés”, et permettent, pour certaines, une préparation aux diplômes de langue française. La participation à la Rentrée partagée s’inscrit donc pleinement dans notre mission de lutte contre l’exclusion linguistique et sociale.
Marie Françoise LADRANGE, responsable des cours de français au sein de l’association, retrace la mise en place progressive des ateliers d’alphabétisation
« Mon engagement au sein de l’association s’est traduit par la mise en place des cours d’alphabétisation pour répondre aux besoins en français des publics éloignés de l’apprentissage. »
Si les cours dispensés et l'accompagnement aux démarches permettent aux usagers une plus grande autonomie, pour Keur Kamer la création du lien social passe par un ensemble de projets composites. L’accès à la culture et aux loisirs - objectif national - est avant tout un levier d’insertion sociale, d’épanouissement de la personne et par ricochet de lutte contre l’isolement. L’article 140 de la loi d’orientation du 29 juillet 1998 relative à la lutte contre les exclusions réaffirme d’ailleurs ce droit fondamental : « L’égal accès de tous, tout au long de la vie, à la culture, à la pratique sportive, aux vacances et aux loisirs constitue un objectif national ». Malgré les efforts de démocratisation culturelle, l’accès à la culture reste difficile et délicat pour une grande partie de la population, en particulier les plus démunis et les plus fragilisés et en situation d’exclusion. Les projets de l’association Keur Kamer visent à accompagner les plus fragiles et démunis en œuvrant pour rompre l’isolement à travers un accès à la culture, une initiation à la vie culturelle. Art, spectacle, théâtre, musées, monuments, redécouverte de Paris par des visites guidées.
Sorties culturelles
Keur Kamer organise également des sorties culturelles comme, par exemple, la visite du Château de Versailles en affrétant des bus, la visite de la Tour Eiffel, et des sorties au cinéma. L’ensemble des projets développés par Keur Kamer contribuent chacun à sa manière à la création du lien social et la rupture de l’isolement.